PTSD

Bonjour mon amour, ne me cherche pas ce matin. Je suis partie chez le Docteur Lafrance. Et oui, chez ton médecin.

Tu peux m’en vouloir d’être partie là ce matin puisque tu ne voulais pas que je parles de notre situation, tu ne voulais pas en parler par peur de perdre ton emploi et  la famille qui y est reliée: tes frères d’arme! Mais tu ne peux pas m’en vouloir de m’inquiéter pour toi.

Je m’inquiète puisque cette nuit, ça fait exactement 2 mois que tu te réveilles toutes les nuits en criant son nom. Le nom de ton frère d’arme que tu as perdu au combat à ta dernière mission. Tu te réveilles au beau milieu de la nuit, en criant son nom, en le cherchant et lorsque tu réalises que tu es chez toi et que lui a rejoint l’haut-delà, tu te mets en colère et tu pleurs toutes les larmes de ton corps. Et moi, je suis là à te regarder souffrir sans dire un mot et sans rien pouvoir faire puisqu’en réalité, je ne sais quoi faire et je ne sais quoi dire. La première fois où j’ai essayé de réagir, de te consoler et de te ramener à la réalité, c’est un homme complètement différent qui m’a répondu. Un homme qui était prêt à utiliser ses points pour se défendre. Un homme que je n’avais jamais rencontré auparavant et que j’ai peur de rencontrer encore si je viens te consoler.

Parlons de cet homme, toi, qui est arrivé complètement changé et complètement brisé au retour de ta dernière mission. Tu es arrivé, tout avait l’air à si bien aller. Tu étais tellement émotif, si content de pouvoir revoir tes enfants et ta femme. Tu pleurais de joie, tu nous disais à quel point tu avais attendu ce moment avec impatience et à quel point tu rêvais de nous serrer dans tes bras. Le trajet fût mouvementé, les enfants qui te racontaient leurs exploits, toi qui nous racontais certaines choses dont tu étais fière et moi qui t’écoutais parler avec fierté, fière d’avoir à mes côtés un homme aussi courageux. Lorsque nous sommes arrivés à la maison, tu nous as dit que tu avais besoin de dormir, la fatigue du décalage. Tu t’es dirigé directement à la chambre, tout en claquant la porte devant nous; et c’est exactement au moment où je t’ai entendu pleurer de l’autre côté de la porte que j’ai su que ça n’allait pas du tout. Je suis allée te voir et tu as essayé de m’expliquer l’indescriptible; toi-même tu ne comprenais ce qui t’arrivais, tout ce que tu me répétais c’est à quel point tu avais mal. À ce moment, j’ai compris que ce ne sera plus jamais pareil.

Tu n’est ressorti de cette pièce qu’une semaines plus tard, on ne pouvais t’entrevoir que lorsque tu devais aller à la toilette ou lorsque tu avais une petite faim, mais le tout ce faisais dans un silence assourdissant. Que dire aux enfants qui me demandaient si papa allait bien, s’il était malade et qu’ils me suppliaient de t’aider?

Après cette dure semaine, tu t’es décidé à sortir. J’avais espoir que cette situation ne soit que passagère, qu’elle se soit terminée. Malheureusement, j’ai réalisée que ce n’était que le début.

C’était ma plus grande peur face à un déploiement, tu ne cessais de me répéter que tu serais toujours le même et que même si un jour tu pouvais être atteint du PTSD, tu ne changeras pas. Malheureusement, ce n’est pas toi qui aies prit la décision de ne plus avoir le contrôle de ton cerveau.

Tu sais, j’ai étudiée dans le domaine, je connais même par cœur les symptômes et les critères pour diagnostiquer le PTSD, mais aujourd’hui, je suis tout de même dans le néant. Parce que tu ne veux pas accepter que tu as mal, tu as été entraîné à ne pas montrer tes faiblesses, accepter mon aide est trop difficile pour toi. J’aimerais tant pouvoir prendre le mal que tu ressens sur mes épaules, te libérer de tout ce poids puisque aujourd’hui c’est notre famille qui dépérit. Tu sais, cette famille qui t’as attendue pendant 6 mois et qui avait hâte de te revoir. Aujourd’hui nous souffrons, sûrement moins que toi, mais nous souffrons tout de même de ne pas savoir quoi te dire.

Nous voyons cette maladie t’emporter peu à peu ailleurs, loin de ta famille et des gens qui tiennent à toi. Tu n’as plus le contrôle de ta vie et puisque tu ne veux en parler, tu as commencé à t’auto diagnostiquer. Consommer pour oublier les horreurs de la guerre, consommer pour relaxer et se sentir ironiquement mieux. Mais ce mélange d’alcool et de médicaments n’est qu’une bombe à retardement.

Je t’avais promis que peu importe ce qui se passerait, je resterai toujours à tes côtés. Je suis prête à t’aider et à prendre toutes les mesures possibles pour te sauver et sauver notre famille, mais maintenant, c’est à ton tour de faire le choix de t’aider. Je ne peux travailler plus fort que toi si tu n’est pas prêt puisque je m’épuiserais aussitôt.

Alors s’il-te-plait chéri, ne m’en veut pas si je suis aller voir le médecin ce matin. Je suis seulement allée chercher des trucs et des conseils pour pouvoir t’aider du mieux que je le peux.

Mais je t’en supplie mon amour, lorsque tu seras prêt, prend rendez-vous avec le médecin. Je sais que ça peut faire peur, mais nous irons à ton rythme; je te le promets, tout iras bien.

Ce sera un des seuls combat que nous pourrons vivre tous les deux, ensemble et que nous saurons en mesure de passer au travers et ce, peu importe le temps que cela prendra.

Association des conjointes de militaires canadiens :

 418-208-8259

1895, boulevard Valcartier
Saint-Gabriel-de-Valcartier, QC G0A 4S0

www.facebook.com/acmc.militaires

Anciens combattants :

Clinique TSO
184, rue Racine
Québec, QC G2B 1E3

Clinique TSO du CHU de Québec 1-866-657-3696 
Soutien social Blessures Stress Opérationnel 1-800-883-6094 
Programme d’aide aux membres des FAC / anciens combattants 1-800-268-7708
 www.osiss.ca

Service bien-être et moral des Forces canadiennes: 

Edifice Labelle
4210, rue Labelle
Ottawa, ON K1A 0K2

Amérique du Nord 1-800-866-4546

www.familyforce.ca

Centre de la famille : 

Édifice 93
Courcelette, QC G0A 4Z0

Courcelette 418-844-6060 
Sainte-Foy 418-649-6505

www.connexionFAC.ca

Maison la Vigile :

2A, rue Monseigneur-Marc-Leclerc
Québec, QC G1C 2C41-888-315-0007

www.lavigile.qc.ca

Centre CASA :

4965, rue Lionel-Groulx
Saint-Augustin-de-Desmaures, QC G3A 1V3

1-877-871-8380

www.centrecasa.qc.ca

 

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